Texte 2
Cependant il apparaît nettement qu'on doit faire aussi entrer en ligne de compte
les biens extérieurs, ainsi que nous l'avons dit, car il est impossible, ou du moins
malaisé, d'accomplir les bonnes actions quand on est dépourvu de ressources pour
y faire face. En effet, dans un grand nombre de nos actions, nous faisons intervenir
à titre d'instruments les amis ou la richesse, ou l'influence politique ; et, d'autre
part, l'absence de certains avantages gâte la félicité : c'est le cas, par exemple,
pour la noblesse de race, une heureuse progéniture, la beauté physique. On n'est
pas, en effet, complètement heureux si on a un aspect disgracieux, si on est d'une
basse extraction ou si on vit seul et sans enfants; et, pis encore sans doute, si on a
des enfants ou des amis perdus de vices, ou si enfin, alors qu'ils étaient vertueux, la
mort nous les a enlevés. Ainsi donc que nous l'avons dit, il semble que le bonheur
ait besoin, comme condition supplémentaire, d'une prospérité de ce genre ; de là
vient que certains mettent au même rang que le bonheur, la fortune favorable,
alors que d'autres l'identifient à la vertu,
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ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, 1, 9.
Dégage la problématique du texte ci-dessus à l'aide des indices se rapportant à chaque item